Que crois-tu mon ami?
Tu crois en l'espoir? En la domination de ses sens? Tu penses que tout est réalisable si on s'en donne les moyens?
Candide.
Le monde est tout autre, comprends-tu? La vie est une sale chienne qui n'en fait qu'à sa tête.
T'es dans une barque qui vogue sur un torrent de peines. Tu n'as ni palme, ni moteur. T'es perdu. Tout autour de toi plane un sombre brouillard qui t'étouffe à chaque inspiration. Chaque être que tu croises, quelle que soit l'espèce à laquelle il appartient, n'a été créé que dans un seul but. Te bouffer.
T'es paumé. T'es déjà mort.
Et tu crois que la vie est belle? Je n'ai même pas la force de rire.
Je suis peut-être lâche, mais j'ai tout essayé. On ne peut s'en sortir, on ne peut se libérer de cette pénible survie que par un seul moyen. Et même ce chemin, je n'ai pas le courage de l'arpenter.
La barque tangue. Je risque de chavirer à chaque seconde. Je risque ma survie.
Mais que vaut-elle au fond, cette survie? Pas plus que celle des autres.
C'est si triste, et tellement ironique.
Regarde ces parents heureux de donner la vie… Savent-ils qu'ils ne font qu'enchaîner un nouvel être innocent au pilori de la souffrance éternelle? Ces imbéciles heureux me rebutent. Et je les envie tant.
Mon ami, comprends-moi. Et ne m'en veux pas.
Celui qui se transforme en bête se délivre de la douleur d'être un Homme. Un homme. Je ne souhaite rien de plus que la paix.
Ou du moins la savoir possible.
Il est tard, mon ami. Et je continue ma survie abjecte.
Je ne sais plus où je suis, où je vais. Ni même d'où je viens. Je sais seulement que c'était mieux avant. Quand je ne savais rien, rien du tout. Aujourd'hui, je sais beaucoup de choses, mais pas le plus important. Personne ne se souciera de quelqu'un d'autre.
Égocentriques.

(Source : maudit, via vintagegal)
Souhaiter s'affranchir de tous les sentiments. Mieux vaut ne rien ressentir lorsque les émotions sont instables. Oui… le néant a plus de mérite que la peine, la douleur, la souffrance ou la tristesse.
Mais comment s'y prendre, hein ? Comment devenir ce roc insensible et indifférent alors que l'on se laisse submerger par le moindre sentiment vif qui s'approche, simplement pour combler le manque ? Il est des sensations qui troublent entièrement l'être au plus profond des abysses sentimentales, car les affects sont des outils de tortures, quels qu'ils soient. Et on se fait berner.
Que l'on nous présente le bâton ou la carotte, nous avancerons, comme des brebis écervelées. Sans quoi nous ne serions rien.
L'Homme est caractérisé par son intellect, ses émotions, sa domination naturelle. Mais plus l'on est conscient, et plus l'on souffre. La lumière est loin d'être un atout. L'obscurité de l'aveugle crée l'inconscience de l'heureux.
Il ne faut pas m'en vouloir, mais je donnerais tout pour être ignorant.
Le regret est plus douloureux que la déception, mais il requiert d'autant plus de courage pour disparaître.
Attendre, toucher, apprendre, aimer, comprendre, oublier.